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Articles récents

Poésies tombées du Ciel 23

18 Octobre 2020 , Rédigé par Gene McBreth Publié dans #Poésie-Spiritualité

 

Homme, la mort point ! L’ombre n’est point ! Tout est prodige !

Le tombeau cache l’aube et l’effrayant vertige,

A ton esprit calmé, porte l’apaisement.

Tout est Clarté, Lueur, Splendeur, Embrasement...

Genre humain qui m’entends, ouvre tes larges ailes !

Tente un essor vers les demeures éternelles !

Le cercueil est un nid où l’âme libre éclôt.

N’accueille point la mort d’un tragique sanglot,

Du formidable appel de ta désespérance ;

Le râle commencé s’achève en délivrance,

La Matière croule, emportant la douleur,

L’âme s’épanouit dans toute son ampleur ;

Rien n’est fait pour rester dans l’horreur des pénombres,

Et le soleil divin dore toutes les ombres.

Ne pleure point tes morts à l’abri des cyprès,

Ne crains pas le trépas car l’extase est après...

Sous l’azur éclatant où tout rêve, où tout pense,

La « Terre châtiment » monte au « Ciel récompense ».

Homme, relève-toi ! Du plus faible au plus haut,

Un invisible amour flotte sur le chaos

Et liant tous les fronts aux ailes des archanges,

Fait des jets d’arc-en-ciel avec toutes les fanges...

 

 

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Poésies tombées du Ciel 22

18 Octobre 2020 , Rédigé par Gene McBreth Publié dans #Poésie-Spiritualité

 

Que tu sois sous la pourpre ou sous un toit de chaume, 

Tu t'irrites d'être homme et voudrais que l'atome

Dont l'épi se mûrit à l'astre de ton cœur

Te livre sa moisson d'acquis ou de rancœur ? 

Tu voudrais, devançant l'attelage de l'aube, 

Arracher au soleil les rayons de sa robe ? 

Si l'Ourse pouvait te servir d’amphitryon

Comme tu franchirais le pur septentrion,

Chevauchant les azurs vermeils et les nuées ! 

Comme tu surprendrais ces voix diminuées

Par l'ampleur de l'Espace au rythme solennel ! 

Ta curiosité faisant à l’Éternel

Un trou (ce guet-apens de ton inquiétude) 

Qui te permit de voir le Maître, en pleine étude, 

N'est-ce point téméraire, être présomptueux ? 

Es-tu seulement bon, sincère, vertueux ? 

 

As-tu pesé loyalement l'or de ton âme ? 

Jusqu'où peut t'éclairer la lueur de ta flamme ? 

Ton puits a-t-il livré toutes ses profondeurs ? 

Et sais-tu si ton front mérite les splendeurs ? 

L'avenir t'épouvante et tu voudrais connaître 

L'être multiplié qui, de toi, va renaître ? 

Quoi ? Sera-ce une taupe, une étincelle, un lynx ? 

- Silence !... Car la Terre est l'arène du Sphinx... 

Et cependant tout vient répondre à ton angoisse ; 

Les voix, confusément, passent, sans que décroisse

Le doute qui t'étreint en la Terre qui ment.

L'Infini balbutie et ton accablement

Vient de l'infirmité de ton oreille sourde.

- Oh, que la pesanteur est une chaîne lourde !

L'être, l'extase au front, les pieds cloués au sol, 

Voit son rêve attaché, mesuré dans son vol.

En vain l'Ange le montre à l'Ange qui se penche

En balayant le Ciel de sa grande aile blanche ; 

Il ne sent pas, au fond de son cœur ébloui, 

La pénétration des étoiles en lui... 

 L'énormité l'écrase en la nuit ténébreuse...

Autour de lui, tout passe et croule, tout se creuse...

Le passé gît au fond des mornes entonnoirs ; 

Le présent se poursuit sous des cieux clairs ou noirs.

On recule toujours l'ardeur du télescope.

Sans trêve, l'Apparence étend son enveloppe

Sur la beauté tranquille et ferme du réel...

- Homme, ne frémis point ! Le terrestre duel

 

Victorieusement libère tous les êtres, 

Tire tous les verrous, puis, ouvrant les fenêtres

Au vaste tremblement de l'horizon confus, 

Fait toutes les clartés avec tous les refus.

Homme, agenouille-toi ! Que ta soif infinie, 

S'étanche dans la foi ; chasse loin, l'ironie.

Vois-tu, l'être décroît et noircit en niant.

Va ! Ne blasphème pas, car l'inconvénient

Est que toute action, étant d'ombre mêlée, 

Recule dans l'azur, la clémence étoilée.

Crois et redis ce nom prodigieux et beau

Inscrit en lettres d'or par les doigts du tombeau.

Captif, sous le réseau des choses nécessaires, 

Lève le front ! Redresse-toi sous tes misères ! 

 

Ajoute ta prière aux accents émouvants

Que promènent les flots, que propagent les vents.

Ecoute, recueilli, vibrer la plénitude.

Goûte les purs émois que l'âpre solitude 

Égrène, les soirs lourds d'astres et de rayons, 

Joins ta voix éperdue au ciel qui dit : Croyons ! 

Aimons ! Il est ! Il est ! Il est ! Le souffle passe

En ouragan vermeil sur le front de l'Espace, 

Il se fait arc-en-ciel, tonnerre, éclatement

Et c'est un formidable et doux enfantement...

- Homme, tu n'es pas seul ! Malgré que l'ombre immense

T'arrache, avec l'horreur, des gestes de démence, 

Malgré que la douleur fausse ton jugement, 

Sache qu'il te regarde... Il est éperdument, 

Et son baiser divin transfigure ou ranime

La blondeur des édens et l'effroi de l'abîme.

 

Toi seul doutes et crains. Toi, l'acteur du destin, 

Tu frémis de la nuit et trembles au matin...

Ta plainte est un blasphème et s'achève en torture...

- Mais n'as-tu donc jamais admiré la nature, 

L'amour, dans l'homme et l'astre, au fond du ciel vermeil ?

N'as-tu point, échappant à ton morne sommeil, 

Grisé ton cœur trop lourd de visions superbes ? 

Quand les baisers du vent courbent toutes les herbes, 

N'as-tu jamais senti qu'une magique voix

Frissonnante d'ardeur murmurait : " Je le vois ! "

Devant les soirs brodés d'étoiles et de flammes, 

Devant les profondeurs encloses en les âmes, 

Le mystère splendide et profond de la chair, 

Devant l'aube, devant l'azur, devant l'éclair,

 

Oses-tu demeurer le négateur farouche

Dont la colère emplit les yeux, le front, la bouche ? 

- Il est ! Je le redis aux abîmes grondants !

- Il est ! Répétez-le, doux échos obsédants 

Qui peuplez l'infini des cieux et des vertiges !

Il est ! Et rien ne vient éteindre ses prestiges ! 

- Homme, que ferais-tu qu'il n'ait pas accompli ?

Pourrais-tu seulement rayer le ciel d'un pli ? 

Que crois-tu ? Que sais-tu ? Tu n'as, dans ta science, 

Que l'orgueil de forcer l'humaine confiance.

Tu juges au hasard et tu voudrais pouvoir, 

Toi qui n'acceptes rien, imposer ton savoir...

Ne t'en vas pas cogner les soleils, larve noire ; 

Epargne à l'Absolu l'assaut de l'infusoire.

 

Arrière tout orgueil ! Prie et crois seulement ! 

L'esprit humain, chercheur de Dieu, voit par moments

Les rayons flamboyer comme des incendies

Tandis que dans les cieux, parfums et mélodies, 

Portent aux gouffres bleus leurs émanations.

- Ô ne rétrécis point tes émulations !

N'arrête aucun élan ; tout effort volontaire

S'ennoblit du paiement divin et salutaire.

Laisse ton âme en deuil de la fuite des jours, 

S'apaiser sur le cœur qui la berce toujours.

Ne te crois ni trop grand ni trop petit ; contemple

Les grands cieux diaprés ou Dieu cache son temple, 

L'Océan aux flots peins de constellations ; 

Regarde trembler l'algue aux chants des alcyons, 

 

Et tandis que la mer sanglote sur la grève, 

Songe à Lui qui, de loin, t'aperçoit et qui rêve, 

Toujours aimant, toujours penché, doux et vaillant, 

Regardant du même œil égal et bienveillant

La comète traînant sa flamboyante queue

Et l'humain qui l'appelle en l’immensité bleue. 

La nature, vois-tu, trahit son front serein, 

Et, vrillant le mystère aux lourds feuillets d'airain, 

(Bible faite d'azurs, d'ombre, de monts et d'arbres, 

Texte écrit dans la nue et gravé dans les marbres),

Elle épèle, devant l'Avenir étonné, 

Aux confins du nuage où l'orage a tonné, 

Le mot tumultueux, tout puissant, magnanime, 

Que murmure, très haut, tout bas, l'Être Unanime.

 

- Homme, tu n'es pas seul !  Dans le terrestre lieu

Tu gravites suivi par le regard de Dieu.

Que tu sois sous la pourpre ou sous un toit de chaume

Réjouis-toi d'être homme. A jamais, sur l'atome, 

Ton soleil resplendit, prometteur de rayons, 

S'élevant au-dessus des âpres tourbillons, 

Sur l'oscillation lugubre de la vie, 

Ton esprit connaîtra cette extase ravie

Que l'idéal ajoute à l'orbe lumineux.

Plus de doutes, d'horreurs, de limites, de nœuds...

- Comment, de l'idéal, le réel est capable, 

Et tout ce qui nous est caché sera palpable ? 

- Oui ! L'Infini liera par un ordre éternel

L'engrenage moral, aux spirales des formes !

- Toutes les forces sont des aveugles énormes.

Mais cette obscure mort que Dieu te donnera, 

Quel éblouissement elle te jettera

Lorsqu'elle allumera, jaillissante de flammes, 

La constellation formidable des Âmes.

 

 

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Poésies tombées du Ciel 21

17 Octobre 2020 , Rédigé par Gene McBreth Publié dans #Poésie-Spiritualité

 

- Ô vanité des mots où ne sont plus les choses ! 

Les soleils éperdus, sous les horizons roses, 

Peuvent-ils évoquer l'éternelle clarté, 

L'absolu radieux, à force de beauté ? 

- Ô l'inutilité des images, des formes, 

Pour fixer la grandeur des flottements énormes

(Réalisations splendides de l'obscur)

En lumineux efforts, qu'un désir noble et pur, 

Guide en les profondeurs de l'inimaginable !

Et comment discerner en l'Orbe indiscernable ? 

 

Dans l'éblouissement fait de tous les rayons, 

L'être tâtonne, heurtant des spectres d'embryons...

Assoiffé d'infini, l'homme n'étreint que l'ombre...

- Que dit le ciel jaloux, éclatant ou bien sombre ? 

- Que dit le vent du soir, aux monts échevelés, 

Quand le " nocturne " passe en souffles affolés ? 

- Que murmure la voix, étrangement pieuse

Des grands bois solennels où foisonne l'yeuse,

Où le chêne officie, en gestes consacrés ? 

- Quels mots mystérieux, magiques ou sacrés

 

S'échangent doucement au bord des lacs superbes ?

- Que chantonnent les fleurs ? Que répètent les herbes

Au creux des vallons roux et dans le vert des prés ?

- Et que sanglote encore, sous les cieux diaprés, 

Le triste appel du flot qui toujours se lamente ? 

- Homme, tu n'entends pas le cri de la tourmente, 

Le grand soupir d'amour suave, inapaisé, 

Que le chaos entier, par l'extase baisé, 

Pousse en l'illimité vers la Béatitude...

Et l'immense duo, silence et solitude, 

 

Passe sans attirer ton admiration...

Cependant tout épèle, avec émotion, 

Le mot que l’Éternel mit sur toutes les bouches...

- Il est ! Vous le savez, vents puissants et farouches, 

Qui balayez les cieux et les mondes flottants ? 

Il est ! Redites-le, quadriges éclatants 

Qui roulez, sans merci, vers d'effrayants vertiges ! 

Il concrétise, en lui, la somme des prodiges...

Sans lui, rien se serait et l'épouvantement

Remplacerait, à tout jamais, l'enchantement.

 

- Homme, tu veux, en vain, nier son existence, 

Quelle dérision ! La terrestre sentence

A beau vouloir l'exclure, elle ne pourra pas

L'empêcher de briller à chacun de ses pas ! 

Le bois chante, le nid palpite, l'hirondelle

Rayant l'air embaumé, s'élance à tire d'aile, 

Vers le ciel qui sourit, à travers ses cils d'or...

La nuée alourdit l'azur et Messidor

Règle de son archet les harpes forestières, 

Les mers, comme un défi, se redressent, altières

 

Et les ravins profonds comme les gouffres noirs, 

Les cratères flambants aux grondants entonnoirs, 

Les pics démesurés où les aigles avides

Guettent le précipice aux prunelles livides.

Tout murmure le mot vibrant, définitif, 

Que le verbe Absolu conjugue au Relatif...

- Ne dis pas : Il n'est point ! Écarte le blasphème...

C'est vrai, tu ne pourras résoudre le problème

Que pose à l'Infini, le divin potentiel, 

Mais agenouille-toi sur la porte du ciel !...

 

Courbe le front devant l'énigme irrésolue

Et, quel que soit le point où ton rêve évolue, 

Crois et laisse grandir en toi son flamboiement, 

L'être est prodigieux comme le firmament

Et possède, en son cœur, des ruissellements d'astres...

- Qu'importent les douleurs, aux multiples désastres, 

L'inharmonie enclose en le chaos proscrit, 

Qu'importe le malheur, si Dieu lui-même, écrit, 

Au point d'intersection du Nombre et de la Forme, 

Le mot " Amour " avec un porte-plume énorme...

 

 

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Poésies tombées du Ciel 20

16 Octobre 2020 , Rédigé par Gene McBreth Publié dans #Poésie-Spiritualité

 

Homme, écoute ! Le fruit est fait pour qu'on le cueille.

Qu'importe si la branche ou l'épine ou la feuille

Le dérobent parfois à ton geste obstiné...

Tends la main et retiens ce fruit prédestiné...

Prends, par ses cheveux d'or, quelque étoile bavarde

Et demande-lui donc ce que son œil regarde

Dans la limpidité de l'azur entr'ouvert ?

Aurait-elle surpris l'étrange rayon vert

Insaisissable effet des prismatiques ondes ? 

Verrait-elle, soudain, s'allumer sur les mondes

 

Les échanges féconds des grands reflux vitaux

A lourd renfort d'enclume et de coups de marteaux ? 

- L'orage embrase-t-il le feu de ses prunelles

De l'ardeur des éclairs aux foudres criminelles ? 

- Non ! Ce qu'elle contemple en les cieux éblouis, 

En ouvrant les yeux d'or, larges, épanouis, 

- C'est Lui !!! C'est la Lueur hypnotique et farouche

Dont le front radiant et la magique bouche, 

Clament, aux quatre vents : Justice ! Vérité ! 

Grandeur ! Amour ! Bonté ! Puissance ! Éternité !...

 

Fais une strophe avec les brises éternelles, 

Arrache aux séraphins la blancheur de leurs ailes, 

Ravis à l'arc-en-ciel son prisme irradié, 

Prends la pourpre au couchant vermeil, incendié

Par le feu d'un soleil d'été rouge de flamme ! 

Prends les roses à l'Aube et les clartés à l'âme, 

La blondeur aux rayons, l'azur au firmament, 

La splendeur aux frissons de l'émerveillement, 

Tu ne peindra pas Dieu ! Il est l'être impossible, 

Imprévu, formidable et doux, inadmissible, 

 

Inconcevable et bon, innommable, idéal, 

Caresse dans l'amour et soutien dans le mal, 

Car le rayon splendide et le firmament sombre

Se baisent tendrement sur les lèvres de l'ombre...

- Homme, tu ne sais rien... et ton obscurité

S'augmente, à chaque pas de ta témérité.

Sur ce chaos étroit, pour un moment ta lice, 

Tu te débats en vain accordant ton délice

Aux apparents effets de périssables dons.

C'est la Loi !!! " Les remords, les luttes, les pardons,

 

L’écœurement profond des faiblesses humaines

Dans le lent processus des ans ou des semaines

Et ce, jusqu'à l'envol vers le havre apaisant

Où se réveille un jour tout être agonisant. "

J'ai connu comme toi l'adversité qui brise

Les désirs éperdus, la victoire qui grise

Comme un vin généreux vous dilate le cœur.

J'ai subi les revers, le sarcasme moqueur, 

Dissimulé parfois les larmes qui ravagent

L'âme, les yeux, le front : lourds sanglots qui soulagent

 

Ou douloureusement vous brûlent à jamais... 

- Homme, j'ai tout souffert ! Il n'est rien désormais

De ce qui te broiera pantelant sur la claie

Dont je puisse ignorer la blessure ou la plaie...

Aussi lorsque je sens ton cœur se déchirer,

Quand ton esprit lassé s'apprête à délirer, 

A maudire, à douter, à lancer son blasphème, 

Furtivement, je viens tel un fantôme blême, 

Rallumer la lueur prête à s'évanouir...

 

De cet amour ardent dont la noble envolée

Voudrait, en ton cachot glisser sa flamme ailée, 

Laisse-moi t'apporter le magnifique espoir

Car, vois-tu, rien n'est faux, rien n'est vil, rien n'est noir, 

L'apparence est trompeuse et cache le prodige...

- Le mal n'est qu'un moyen évolutif, te dis-je

L'homme est un Dieu naissant que chaque jour grandit.

- Frère ! Relève-toi !! Ton âme resplendit

Sur le soir attentif, étincelant et rose, 

Car, de tous les sanglots, Dieu fait l'apothéose.

 

 

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Poésies tombées du Ciel 19

15 Octobre 2020 , Rédigé par Gene McBreth Publié dans #Poésie-Spiritualité

 

Du temps que j'étais incarné, 

J'ai toujours souffert, étonné, 

Qu'on put vivre en pleine ignorance.

Le doute, au chevet de chacun

Se dresse et dit : Est-il quelqu'un

Pour guider l'humaine espérance ? 

 

Est-il, par-delà les cieux clairs, 

Sous les foudres et les éclairs, 

Un front qui, sur l'homme, se penche ? 

Sous les brusques éclosions

Des aurores et des saisons

Est-il une juste revanche ? 

 

L'Aube, à la couronne d'argent

Épandant son habit changeant, 

La suave et douce rosée

Savent-elles, dans leurs splendeurs, 

Qui connait, en les profondeurs, 

Réponse à l'énigme posée ? 

 

Le rayons du soleil levant

Surprend-t-il la règle du vent 

Qui, sur l'immensité, s'égrène ? 

Meurt-il sur le pâle miroir, 

Où se reflète l'ostensoir

De l'éternité souveraine ? 

 

A l'âge où l'on croit à l'Amour, 

Quand l'étincellement du jour

Fleurit d'idéal tous les rêves, 

Lorsqu' Avril met, dans les jardins, 

La blondeur des printemps soudains, 

Les senteurs, les floraisons brèves, 

 

Lorsque le cœur, cet étourdi, 

S'élance, tranquille et hardi, 

A l'assaut des rêves étranges, 

Quand l'homme viril, confiant, 

Nargue le ciel en souriant, 

Lui, le risible élu des fanges, 

 

J'ai souvent posé dans ma main

Mon front, qu'un obscur lendemain

Assombrit de son auréole, 

Et, troublé d'un subit émoi, 

J'ai plongé dans le gouffre " moi ", 

Telle l'abeille en l'alvéole.

 

Mais, hélas, je n'ai rapporté

Que le miel frelaté

Du torturant et triste doute...

Dieu, trop loin de nous, retiré, 

Fuit notre pauvre œil égaré...

Et nous sommes seuls sur la route ? 

 

J'ai crié ! L'écho des vallons

A répondu très bas : " Allons ! "

Puis la voix de la solitude, 

En mon esprit exaspéré, 

Silencieuse a murmuré, 

Sous les rythmes de l'amplitude, 

 

J'ai tendu le poing, menacé...

Mais mon geste s'est effacé

Dans une implacable ironie...

J'ai prié, supplié, maudit, 

Interrogé cet interdit

Qui pèse sur notre agonie...

 

J'ai promené le lourd chagrin, 

Enfin, récité, grain à grain, 

Le rosaire de la souffrance...

J'ai traîné sur tous les chemins

Le billot des désirs humains

Et l'amère désespérance...

 

J'ai sangloté comme un enfant, 

Brisé mon cœur en étouffant

Sous l'épouvante et sous l'angoisse...

Hélas ! Hélas ! mais toujours seul

Je filais le morne linceul, 

Sans que ma misère décroisse.

 

J'ai fui vers de riants coteaux, 

Où vignobles et boqueteaux

Mêlaient leurs teintes inégales...

J'ai vu de grands monts chevelus, 

Des blés fauves, d'âpres talus

Bourdonnant du chant des cigales.

 

J'ai gravi de mornes sommets

Que le ciel ne dore jamais

De ses chauds et féconds sourires...

J'ai sondé des gouffres affreux, 

Des antres, au front ténébreux, 

Emplis d'horreur et de vampires...

 

J'ai rêvé près des flots ardents

Où, de voilures débordants, 

Glissaient, parmi des brouillards roses

Des brigantins et des vaisseaux, 

Brisant, de la mer, les assauts, 

En subites apothéoses.

 

J'ai traîné dans les vieux palais, 

Au fond des rustiques chalets, 

L'ennui de mes heures trop lentes...

J'ai sommeillé dans les forêts

Où le braconnier tend ses rêts

Avec des ardeurs malveillantes ;

 

Les arbres se parlaient tout bas...

Un énorme chêne, là-bas, 

Chef de l'église forestière

Officiait je ne sais quoi

Et devant l'éternel " Pourquoi ? "

Je retrouvais ma peine entière...

 

Lorsque, plus tard, las de souffrir, 

Brisé de lutter, de gémir, 

J'ai voulu terminer ma course, 

J'ai cherché, dans le coin d'un bois, 

Pour calmer mon être aux abois, 

L'onde apaisante d'une source...

 

J'ai bu longuement cette eau pure et fraîche

Qui baignait les épais taillis ; 

Comme un frêle esquif, une feuille sèche

Fuyait par les bois recueillis...

- Ainsi poursuit sa marche vive et folle

Tout ce qui vibre sous les cieux ! 

- Vers quelle obscure ou belle farandole

S'en va l'esprit dès qu' l'âme s'envole ? 

- Voit-on dès qu'on ferme les yeux ? 

 

Qui donc viendra, quand l'heure solennelle

S'appesantira sur nos fronts, 

Nous arracher à la hideur charnelle ? 

Qui lavera tous nos affronts ? 

Les faux débris de l'humaine science

Ne nous laissent rien entrevoir...

Jésus prêchait l'amour et l'espérance

Mais il connut aussi la défaillance

En l'écroulement du pouvoir.

 

- D'où jaillira la puissante étincelle

Au fond de l'angoissante nuit ? 

Qui résoudra l'énigme universelle

Qui vaguement recule et fuit ? 

- Qui nous dira ce que le mot suprême

 Cache d'horreur ou de beauté ? 

Est-il enfin, dans le cirrus extrême, 

Un Dieu lointain qui tendrement nous aime

Dans l'éternelle immensité ? 

 

- Renaîtrons-nous à quelque aube empourprée

Ruisselants de tous les soleils, 

Ayant au front l'opale diaprée

De blasons royaux et vermeils ? 

Retrouverons-nous, au fond de notre âme, 

Le sentiment, le souvenir ? 

Auront-ils pour nous la magique flamme

Qui berce le cœur et guide la rame 

De ce paquebot : " l'Avenir ? "

 

- Où vivrons-nous ? Dans d'étroites vallées ? 

Dans des astres mystérieux ? 

Connaîtrons-nous des îles désolées

Que baisent les vents furieux ? 

Où courrons-nous ? Est-ce vers l'humble plage

Où vers l'écueil traître, méchant ? 

Et saurons-nous, après le noir passage, 

Où donc a lieu l'étrange atterrissage

De l'homme et du soleil couchant ? 

 

L'eau roulait toujours, lente, nostalgique...

Le grand bois s'était endormi...

J'allais mourir, triste, mélancolique, 

Solitaire, sans un ami...

Mais, tout à coup, j'ai vu dans la nuit sombre

Une étoile d'or s'allumer, 

Son flamboiement étincelait dans l'ombre

Et ce regard versait à la pénombre

Le besoin de croire et d'aimer ! 

 

- Ô pur rayon ! Messager magnanime ! 

M'apportes-tu l'espoir divin ? 

Reflet vermeil de l'immuable cime

Que mes yeux implorent en vain, 

Viens-tu guider ma démarche incertaine

Vers le havre apaisant et sûr ? 

Pourquoi, grand Dieu, demeures-tu lointaine ? 

Pourquoi ce feu, tragique suzeraine

Du firmament au front d'azur ? 

 

Pourquoi " l'éclat " si la tombe sinistre

Se referme sur ces cercueils ? 

- Ô le calcul de l'énorme registre

Qui totalise les écueils !

Pourquoi faut-il que les êtres chancellent

Ignorants de leur avenir, 

Tandis qu'aux cieux les étoiles ruissellent ? 

Doutes, espoirs, sans pitié nous harcèlent !

Veut-on nous sauver, nous punir ? 

 

Je sens enfin le froid mortel m'étreindre, 

Je vais finir sans un regret ; 

Le vieux flambeau doucement va s'éteindre

Et j'emporterai mon secret...

- Je pars, je pars, mais dans mon agonie, 

Un long bruit d'aile a frissonné...

J'ai vu soudain la " Lueur infinie "

Baiser mon front qu'une aurore bénie

Timidement a couronné.

 

J'ai vu l'extase et goûté la Lumière...

- Ô l'envol soudain de mon cœur

Retrouvant enfin sa grandeur première

Loin du trouble et de la rancœur ! 

Plus de frayeurs, d'entraves et de doutes

En l'émerveillement profond ! 

Le doigt divin écrit le nom des routes

Sur le fronton des invisibles voûtes

Qui soutiennent le bleu plafond ! 

 

Homme, votre père est le mien ! 

Son amour vibrant est le lien

Qui rive, à son front, tous les hommes, 

Si le doute égare tes pas, 

Du moins, à l'heure du trépas, 

Ne crains point les ombres fantômes...

 

Ce ne sera pas un démon

Qui t'appelleras par ton nom

En frappant ta dernière pierre...

Ce sera l'ami de toujours, 

Celui qui veille sur les jours

Où ton âme se désespère...

 

La mort ? C'est l'union des cœurs, 

C'est l'oubli complet des douleurs, 

C'est la paix dans la multitude ! 

- Homme ? En le terrestre chemin

Ne fléchis point !... L'auguste main

Te guide avec sollicitude ! 

 

 

 

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Poésies tombées du Ciel 18

14 Octobre 2020 , Rédigé par Gene McBreth Publié dans #Poésie-Spiritualité

 

Les éthers ont des cils vibratoires énormes

Qu'entrouvre l’œil profond de l'immortalité.

Les rayons, les couleurs, les spectres et les formes

Vibrent éperdument, en pleine immensité.

 

Car le vide est peuplé de centres organiques, 

De percuteurs puissants, d'alambics variés, 

Transformant, à leur gré, les principes cosmiques, 

Embryons éternels, par le ciel modelés.

 

Ce qui frappe votre œil ou chante à vos oreilles

Subtiles à saisir, est créé par vos sens...

Mais la lueur, le bruit sont autant de merveilles

Que les éthers virils rythment en tous les sens.

 

Selon les milieux, selon les atmosphères, 

Le son devient lueur, la lueur devient bruit.

Tout se règle au contour mélodique des sphères, 

Ondoiement tout puissant que promène la nuit.

 

Et c'est une harmonie, et c'est une lumière

Qui grandissent au seuil de l'Immortalité, 

L’œil humain voit un ciel où s'ébauche un cratère, 

L'esprit divinisé perçoit l’Éternité...

 

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Poésies tombées du Ciel 17

14 Octobre 2020 , Rédigé par Gene McBreth Publié dans #Poésie-Spiritualité

 

Homme, zéro fameux, embryon magnifique,

Où le néant se mêle à la clarté magique, 

Sois, en l'humanité, humble et fier, sous la Loi, 

Mais au fond de ton cœur, laisse germer la foi.

 

Crois ! et tu grandiras ; Aime, l'amour sublime

T'arrachera de la matière, cet abîme...

Où, larve encore obscure et vibrante d'espoir

Tu languis, en souffrant un morne désespoir.

 

Dieu rayonne à jamais dans l'être embryonnaire, 

Nostalgique lambeau du front visionnaire, 

Dont vous sentez parfois l'éternel aiguillon, 

A votre âme, piquer l'aile du papillon.

 

Espère le paiement, après l'épreuve amère, 

Après la lutte, après l'effort ou la misère, 

Car l'emprunt fait par Dieu, toujours est acquitté

A chaque carrefour de l'immortalité.

 

Homme, zéro fameux, embryon magnifique

Où le néant se mêle à la clarté magique, 

Sois, en l'humanité, humble et fier, sous la Loi.

Mais au fond de ton coeur, laisse germer la foi.

 

 

 

 

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Poésies tombées du Ciel 16

11 Octobre 2020 , Rédigé par Gene McBreth Publié dans #Poésie-Spiritualité

 

Les constellations, grappes d'astres qui pendent

A la treille féconde, immense de la nuit, 

Sont mûres à souhait et, vaguement répandent

Sur l'humain inquiet, leur formidable fruit.

 

Homme, tu veux monter et tu dresses l'échelle

De ton progrès inerte en ses ambitions.

Monte ! Le champ est libre et la route étincelle, 

Mais connais-tu l'alpha des gravitations ? 

 

Connais-tu l’oméga des sourcils vibratoires

Que l’œil-Éternité entr'ouvre en les éthers ? 

Ah, ne te berce point de rêves illusoires

Toi qui t'en viens lutter avec les univers !

 

Je sais... tu veux sonder le secret des comètes, 

Lancer un téléphone en pleine immensité, 

A l'heure qu'il te plait et, rêveur, tu t'entêtes, 

A vouloir dépasser la vieille humanité.

 

Lutte ! Car c'est ton droit, mais élève ton âme

Dans l'amour tout puissant des frères de tout lieu, 

Que ton cœur, tout empli de l'éternelle flamme, 

Monte, tout doucement,  jusqu'à l'esprit de Dieu ! 

 

 

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Poésies tombées du Ciel 15

10 Octobre 2020 , Rédigé par Gene McBreth Publié dans #Poésie-Spiritualité

 

Dieu n'a qu'un front : Lumière et n'a qu'un nom : Amour.

Homme, interrogateur qui cherche, tour à tour,

Le problème de l'être en ses métempsychoses, 

L'enchaînement divin de ses métamorphoses...

 

Sache (et c'est un défi pour tes nombreux "pourquoi")

Que "vouloir" est la force et "qu'attendre" est la Loi.

Mais ne va pas cogner les soleils, larve noire, 

Epargne à l'infini, l'assaut de l'infusoire.

 

Tu voudrais tout savoir, hélas tu ne sais pas

Ce que tu fus... seras... hélas tes faibles pas

Te conduisent toujours dans le même hémicycle...

Tu ne peux même pas, d'ailleurs, changer de cycle...

 

Comprends-tu, seulement, l'effort que nous faisons

Pour venir éclairer ton front que nous baisons ?

Nous, les "obscurs d'hier" qui projetons nos lampes

Afin d'illuminer la pâleur de tes tempes...

 

Tu voudrais t'élever d'un essor furieux

Jusqu'à nous... d'un seul trait, dévaliser les cieux, 

Et ravir les secrets des magiques arcanes...

De l'éternelle main, mystérieux profanes, 

 

Vous voudriez, vains troupeaux, rebelles, curieux, 

Exigeante tribu perdue en les bas lieux, 

Valets mystérieux du monarque "matière", 

Boire dans un seul coup : Dieu, l'Amour, la Lumière ? 

 

Hommes, courbez vos fronts, fruits d'évolution, 

Vivants, c'est le progrès, morts, c'est l'ascension, 

Qui viendront, en leur temps, briser votre ignorance

Et vous régénérer dans l'Aube-délivrance.

 

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Poésies tombées du Ciel 14

9 Octobre 2020 , Rédigé par Gene McBreth Publié dans #Poésie-Spiritualité

 

Si l'on pouvait casser l'amarre du soleil, 

Dans l'orbite puissant, changer l'axe, le centre, 

Et sur la terre en deuil laisser choir l'arc-en-ciel

En la précipitant dans le gouffre, son antre, 

 

Puis, dans l'immensité, tout à coup, nébuleuse

Créer, à ses dépens, de ces astres parfaits

Où toute heure sourit, splendide, fabuleuse...

Si l'on pouvait enfin sur ces mondes abstraits

 

Disposer les humains en familles nombreuses

Avec tous leurs instincts sincères ou méchants, 

Dites, croyez-vous que seraient plus heureuses

Leurs vies ensoleillées de chants ?

 

Non !... Rien ne comblera jamais le vide morne

Que le lent processus parmi les univers...

Orgueilleux embryons, allant de borne en borne, 

Que savons-nous de notre envers ?

 

Rien ! Je vois mieux que vous puisque, plus haut, je plane,

Mais devant moi des sphinx se montrent à leur tour ;

Je plonge dans l'azur profond, partout je glane

Un peu plus de clarté, de voyance, d'amour ; 

  

Car je ne sais pas tout ! Bien souvent le mystère

M'arrête en mon chemin et, me heurtant le front, 

Flagelle mon orgueil, ébranle ma chimère

Et je chancelle sous l'affront.

 

Il ne faut point vouloir tout connaître avant l'heure ; 

L'humain, son nouveau sort, l'esprit, le front de Dieu...

Heureux les résignés en qui vibre et demeure

La douce vision des éthers radieux... 

 

 

 
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